Les lunettes de Grand-mère...

Publié le 7 Janvier 2017

J'entends encore sa voix si chère,
Je vois le sourire indulgent
De ma bonne vieille grand­mère
avec ses lunettes d'argent.
Plus d'une fois l'oreille pleine
des récits qu'elle me contait
Je lui tins l'écheveau de laine
pour mes bas qu'elle tricotait.
A me poser l'heure venue
elle prenait un soin jaloux
le soir ma prière ingénue
je la disais sur ses genoux.
Un mot câlin, une caresse
et d'elle j'obtenais tout ... mais
les bésicles ! défense expresse
pour moi de les toucher jamais.
Tambours, cerceaux, trompettes
que de jouets j'aurai donnés                                                                 pour sentir les belles lunettes
à califourchon sur mon nez.
Un jour les voilà par mégarde
sur son évangile à fermoir
grand­mère dort, je me hasarde
je les tins ...Enfin je vais voir.
En toutes hâte je les glisse
dans les boucles de mes cheveux
singeant grand­mère avec malice
j'écarquille mes petits yeux.
Quand par malheur l'ample monture
sur mon nez s'équilibrant mal
dégringole ... et de l'enchâssure
sans se briser sort le cristal.
Dans l'étui, quel trait de lumière
je la replace promptement
le coin de l'oeil quittant grand­mère
qui se réveille doucement.
J'alignais plein d'inquiétude
mes soldats de plomb sans les voir
elle allait comme d'habitude
faire sa lecture du soir.
Le livre dans ses mains distaites
et pendant qu'elle remettait
sans penser à mal, ses lunettes                                                   comme mon petit coeur battait.
Mais qu'ais­je donc, dit­ elle emue
en passsant la main sur son front
quel nuage obscurcit ma vue
mes yeux, mes pauvres yeux s'en vont.
En rapprochant tout tremblant
les feuilles si souvent relus
de la lumière vacillante
A bonté du ciel, je n'y vois plus !
Je me glisse alors sous la table
je prends les verres tombés là
et cachant ma mine coupable
Bonne Maman, tiens les voilà.
Ah ! c'est toi ... ! Sa voix alterée
se tut. Aprés de longs efforts
Grand­mère à peine rassurée
replaça les verres. Alors
ses lèvres restèrent muettes
Mais son front était radieux
car en retrouvant ses lunettes
elle avait retrouvé ses yeux.
Pour moi la peine fût sévère
en me couchant quel désespoir
pour la première fois : grand­mère me dit :
Point de baiser ce soir !

 

 

 

Je n'ai jamais su qui a écrit ce texte, mais ma Grand­mère me le récitait étant petite......


Souvenir, souvenir

Rédigé par juste moi

Publié dans #jeux de mots

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Bobby 13/03/2017 17:16

très beau ... encore plus beau quand on sait d'où tu tiens ce texte

juste moi 13/03/2017 23:58

Je crois meme que ca provenance à plus de valeur que le texte en lui mm