A une fleur de Alfred de Musset

Publié le 1 Janvier 2017

Que me veux­tu, chère fleurette, Aimable et charmant souvenir ? Demi­morte et demi­coquette, Jusqu’à moi qui te fait venir ?

Sous ce cachet enveloppée,

Tu viens de faire un long chemin. Qu’as­tu vu ? que t’a dit la main Qui sur le buisson t’a coupée ?

N’es­tu qu’une herbe desséchée Qui vient achever de mourir ? Ou ton sein, prêt à refleurir, Renferme­t­il une pensée ?

Ta fleur, hélas ! a la blancheur

De la désolante innocence ;

Mais de la craintive espérance Ta feuille porte la couleur.

As­tu pour moi quelque message ?

Tu peux parler, je suis discret.

Ta verdure est­elle un secret ?

Ton parfum est­il un langage ?

S’il en est ainsi, parle bas,

Mystérieuse messagère ;

S’il n’en est rien, ne réponds pas ; Dors sur mon coeur, fraîche et légère.

Je connais trop bien cette main, Pleine de grâce et de caprice, Qui d’un brin de fil souple et fin A noué ton pâle calice.

Cette main­là, petite fleur,

Ni Phidias ni Praxitèle

N’en auraient pu trouver la soeur Qu’en prenant Vénus pour modèle.

Elle est blanche, elle est douce et belle,

Franche, dit­on, et plus encor ; A qui saurait s’emparer d’elle Elle peut ouvrir un trésor.

Mais elle est sage, elle est sévère ;

Quelque mal pourrait m’arriver.

Fleurette, craignons sa colère. Ne dis rien, laisse­moi rêver.

Rédigé par juste moi

Publié dans #jeux de mots

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